L’absenceLaprésenceLaconfianceLeslarmes

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Traduction française pour ceux qui ne parlent pas anglais. Je m’excuse pour les fautes de grammaire, orthographe, et cetera.

For anglophones, scroll down to the previous post in English.

On en a perdu un bon aujourd’hui. Un des meilleurs.

Il y a précisément deux semaines je prenais un thé avec Shamar Rinpoché. On parlait du bouddhisme en Occident, du futur de ses centres en Europe et aux États Unis, et mon propre avenir en tant que pratiquant, disciple, enseignante aspirante, et serveuse diligente dans le fonctionnement des centres du dharma de la lignée Kagyu. Pour presque la première fois dans ma vie, j’ai eu le courage de demander quelque chose que je voulais, d’amadouer et persister et oser parce qu’il me semblait important. Et j’ai réussit à l’avoir. Un entretien avec mon enseignant. Le guide que je suivais, mais de loin, pendant les derniers huit ans de ma vie.

Quand j’ai découvert le dharma à l’age de dix-sept ans, un peu perdu en Nouvelle Zélande, la dame qui m’a introduit à la méditation et l’enseignement du Bouddha était une étudiante de Shamar Rinpoché. Quand j’ai décidé de poursuivre l’étincelle de reconnaissance que je sentais avec la pratique et la philosophie bouddhique, je l’ai fait dans un Bodhi Path, le réseau de centres établit par Shamar Rinpoché. Quand j’ai décidé de quiiter la Californie en quête d’une vie enraciné avec le dharma, les enseignants qui me diriger sur la route était sous guidance du même. Quand j’arrivais en Inde, j’ai eu l’opportunité incroyable de rencontrer le disciple primaire de Shamar Rinpoché, le Karmapa, le jeune successeur de la lignée Kagyu. J’ai même croisé Shamar Rinpoché lui-même, mais j’osait pas dire allô, tellement intimidé j’étais par ce figure que a influencé si profondément ma vie, sans jamais connaître qui je suis.

Et puis, il y a un mois, j’ai décrochée la téléphone à la maison des lamas avec mon salut habituel, « Maison des lamas. C’est Jourdie, » pour entendre une voix commandante qui disait, « Bonjour ! Où est Jigmé Rinpoché, » en anglais. Il m’a pris que quelque phrase d’anglais couleurées par l’accent tibétain pour me rendre compte que la voix avec qui je parlais appartenait à personne d’autre que le détenteur de la lignée, mon guide de loin, le seul et unique Kunzig Shamar Rinpoché. Cela est devenu encore plus clair quand il disait, « Tu es l’americaine. Moi, je suis Shamar Rinpoche ». Non seulement je lui reconnaissais, mais beaucoup plus surprenant, il me reconnaissait aussi. Pendant que je vérifiais que Jigmé Rinpoché n’était pas en France, était en Espagne, était à Malaga, était parti pendant encore cinq jours, Shamarpa me posait des questions sur ma vie. « Alors, tu vas bien à Dhagpo ? Tu n’a pas encore visité le centre en Allemagne » ? Tu es trop occupée par manger du saucisson français et du bon baguette » ! Quand je mentionnais que je faisais mon propre pain récemment, il a dit, « Ah oui ? Et quand est-ce que tu vas venir faire du pain en Virginie ? On commence à installer la réfectoire. On en parlera quand je viens ».

Il m’a laissé dans un tourbillon d’émotion, en me demandant si je serais emportée par le destin et la nécessité d’une vie que j’adore vers un autre chemin, utile mais imprévu. Shamarpa est connu pour cela, pour retourner ta vie complètement pour t’apprendre à être souple et léger avec tes attachements. Il est connu pour ne pas apparaître pour ces enseignements ou pour apprraître dans un pays autre que celui qui avait été décidé. Il est connu pour amener des monstre d’orages et pour détruire toute planification—cela je peux témoigner, comme j’ai vécu les pires pluies et coupures électriques de mon temps en Dordogne, en plus un vent qui éclaté la moitié de la bonne vaisselle de la maison deux jours avant notre grand événement. Il est connu pour se passer des procédures cérémonieux dans un contexte et les demandant dans un autre. Il est connu pour être imprévisible, brusque au point d’être tranchant, et entièrement pas disposé à conformer aux normes désignés pour faire les gens confortable s’ils ne les font pas aussi plus conscients.

Il n’est pas connu pour être doux, cajolant ou avunculaire. Il n’est pas connu pour être patient, direct, et rassurant. Et malgré cela, je ne me suis jamais sentie aussi soigné de ma vie qu’en parlant avec lui. Comme le tout de mes incertitudes était accepté, valorisé même. Comme je pourrais étaler tous mes espoirs et mes peurs sur la table devant lui, et ensemble on trouverait le sens là-dedans. C’était pour cela que j’ai demandé de lui rencontrer pendant qu’il était ici. Sachant qu’il est tout le temps occupé à aider tous les êtres, sachant qu’il s’occupe des douzaines de centres et projets et enseignants, sachant que je suis petite et récent et j’ai d’autres personnes pour veiller sur moi. Il m’a fait sure que j’ai quelque chose à offrir et qu’il valait le temps et l’effort pour découvrir comment mieux faire.

Et donc, on a pris un thé ensemble. J’ai amené un panier d’offrande du centre et une écharpe de prière en soie, toute blanche, des choses traditionnelles envers lesquelles je me suis sentie peu à l’aise. Et puis j’ai amené aussi des choses de moi. Un saucisson artisanale de la ville à côté. Une lettre pour lui dire des choses que je craignais je n’arriverais pas à dire voix haut. J’ai mis le panier sur la table, où il restait jusqu’à, j’imagine, dix minutes après mon départ, quand quelqu’un l’a ramené à Dhagpo pour être consommé par les êtres voraces et mondains qui sont moi et mes collègues. L’écharpe de prière j’ai laissé dans ma poche.

Le saucisson, je lui ai donné directe, et il l’a touché à sa tête ; comme on fait avec un texte sacré en bénédiction. Je lui ai donné la lettre, qu’il a lu sur le moment. J’ai avalé ma salive, ai sourié à mon anxiété, et me suis rappelée de mon engagement. La lettre disait, « Je m’engage pour le tout ». Je suis là pour toi, pour l’activité de la lignée, pour le bienfait des êtres, dès maintenant jusqu’à l’éveil. Y compris : je suis terrifiée et limitée et même que je doute ma capacité pour atteindre ce truc qu’on appelle l’éveil, je sais que vous ne le doutez pas, et j’ai confiance que c’est la chose pour laquelle ma vie vaut le plus. Donc, voici ma vie. Mon cœur, mon esprit, mes mains, et tous mes souhaits. Aidez-moi à trouver la voie.

Il l’a lue, il l’a repliée, et me l’a ré-offerte. Je lui ai dit de la garder, pas en pensant qu’il allait faire quelque chose avec, mais parce que moi, j’avais besoin de ça, de donner mon engagement de façon concrète. Puis on discutait la France, le Virginie, la Californie, les retraites de longue durée, la possibilité d’enseigner l’anglais et peut-être un jour le dharma. On discutait la tradition, la culture, et l’esprit occidental. Il m’a dit que certaines personnes n’acceptent pas la philosophie parce qu’elle veulent que leurs enseignants soient des déités. « Ils ne croient pas que nous sommes très humains » il a dit. « Nous sommes cent pour cent humains ». Je me suis rendue compte que je n’y croyais pas tout à fait non plus.

Il m’a dit de rester à Dhagpo, d’étudier, de m’entraîner assez pour enseigner si je pourrais. Il m’a dit des choses dans une heure qui va m’aider à décider ma vie pour autant de temps que je la vis. Et quand j’avais plus de questions à poser, il a fermé ses yeux et s’est à moitié endormit. Il y avait une partie de moi qui voulait rester, qu’un tout petit peu, pour continuer à me sentir soignée. Et il y avait une partie de moi qui me suis rendu compte que c’était l’heure, que je devais commencer à vivre le souhait que son soin me portera et que j’apprendrai comment prendre soin de moi-même.

J’ai dit, « Merci, Rinpoche » et il a ouvert ses yeux. Il a retiré sa chaise, s’est levé, et a levé ses bras. Je me suis approchée, le menton rentré, les mains devant mon cœur. Il a touché ses mains aux côtés de ma tête et dans l’espace de la bénédiction j’ai dit « grâce » pour tous les êtres. Je me suis souvenu de l’écharpe de prière dans ma poche. Je l’ai déroulée dans mes mains et j’ai dit, « un peu de tradition, pas trop », ce qu’il m’avait dit toute à l’heure. Il m’a touché encore aux tempes, et a posé l’écharpe sur mon cou. J’ai fait un grand sourire. Il a sourit en réponse à ma jubilation, en faisant oui de la tête. Je suis partie par la porte vers la voiture pour faire les courses, pour éffectuer mon engagement, pour m’entraîner à aider les êtres.

Ce matin, je me suis réveillée comme toujours. J’ai pris mes vitamines, ai remplit mes bols d’offrandes, me suis assise pour méditer. Au milieu de la pratique, j’ai senti un jet de douleur dans mon œil, et quand je me suis levée le blanc était complètement injecté de sang. J’ai Googlé « signifiance émotionnelle conjonctivite » à aucun résultat logique, a hoché ma tête à mes superstitions, a mis mes lunettes, et est allé déjeuner. Nybou m’a vu monter les escaliers et il s’est arrêté d’un coup, son regard fixé sur moi. Je me suis demandés si mes veines étaient tellement autant visibles que ça, ou si c’était la nouvelle mode pour dire bonjour. Quand je suis arrivée à côté de lui, il a cligné ses yeux deux fois, a mis sa main sur mon épaule et a dit, « J’ai une mauvaise nouvelle. Shamar Rinpoche a eu une crise cardiaque en Allemagne ce matin. Il est décédé. C’était il y a une demi heure ».

J’ai fermé mes yeux sur mes veines toutes rouges et j’ai maudit Google, et l’impermanence, et tout ce qui me reste à apprendre. J’ai mangé mon petit déj, ai formé une bénévole, ai tourné en rond autour du stoupa avec ma famille tout stupéfiée. Puis je suis entrée dans une pièce vide, est tombée sur mes genoux, et ai pleuré.

Pas pour lui, mais pour moi et pour nous. Je me sens petite et récente et incertaine. J’ai le sens qu’autant parmi nous nous nous sentons comme ça. Je me sens comme j’ai trouve ma famille et maintenant une partie essentielle est partie.

Des gens continuent à me dire qu’il n’est pas parti. Sa sagesse demeure. Le corps change, mais la nature de l’esprit reste. Et c’est vrai, je le sais; je suppose ; j’accepterai. La lignée est intacte. Merci aux Bouddhas pour Karmapa et Jigme Rinpoche et tous les enseignants qui restent pour nous guider. Et la réincarnation, c’est une chose que les maîtres comprendre gérer, et probablement il va revenir. J’y fait des souhaits ; on y en fait tous. Et son activité continue, et les centres devéloppent. Je fais des souhaits pour cela aussi : on en fait tous.

Mais vous savez quoi ? Nique rationalisme et stoïcisme, juste un tout petit peu. J’ai besoin d’eux et je le comprends et je suis reconnaissante que les choses soient claires—il faut se soutenir, soutenir le dharma, développer de la sagesse et être dévoué. Mais au même temps, je fais un deuil, et je suis mortelle, et on l’est tous, et finalement, ça pue grave. Du coup les larmes arrivent, et je les laisse.

Et j’espère que vous reveniez vite et que j’aie plus de force que je pense. Et je vous aime et je suis reconnaissante et je suivrai vos instructions, même si je ne trouve pas ce leçon final très drôle.

Voyagez-bien, mon enseignant. Shamarpa chenno.

ksr-smile copyright

Photos prise par l’excellent Tokpa Korlo Mendel, frère de Dharma et pote de la Californie.

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